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Interview de M. Manuel H. Domingues-Heleno, Consul du Portugal,

par Y. de la Fosse-David

 

 « Haute École... la Vraie »

 

C'est dans le très beau cadre de sa propriété de Courbois, située entre Biarritz et Bayonne, que j'ai eu le plaisir de voir évoluer, pour la première fois, M. Manuel H. Domingues-Heleno, Consul du Portugal et grand francophile.

 Ce jour-là, M. Heleno monta deux étalons, un gris de 7 ans et un bai de 5 ans.  J'en profitai pour en prendre tout un film de 36 poses. Une fois développé, contrairement aux résultats habituels, j'ai constaté que sur toutes les photos la position du cavalier était sans exception impeccable, et je devais unique ment sélectionner les clichés en fonction du cheval!  De ma longue carrière d'illustrateur hippique, c'était bien la première fois que je constatais un si bon résultat!

Je retournai quelques mois plus tard au château de Courbois, pour assister au travail de deux jeunes étalons de 4 ans.  Je fus là aussi fort surpris par les remarquables résultats obtenus par M. Heleno, après seulement deux mois de dressage.

L'équitation, dont l'origine remonte à la nuit des temps, fut pratiquée pendant des siècles par des procédés plus ou moins brutaux, visant à la maîtrise par la force.  A Courbois, c'est uniquement par la douceur, la patience, que l'on recherche la qualité, la beauté, la pureté du mouvement, qui non seulement charme nos yeux, mais relève infiniment plus le mérite d'un beau cheval.

Interrogé, M. Heleno a accepté de répondre à nos questions :

 Monsieur le Consul, à quel âge avez-vous commencé à monter à cheval?
A l'âge de 4 ans.

Avant de venir à la Haute École, avez-vous pratiqué d'autres formes du sport équestre?
Certainement.  La chasse (au renard et au lièvre), le concours hippique et les courses.

Avez-vous eu des succès?
Heureusement oui.

Le plus grand?
Une série de 22 victoires consécutives avec le même cheval.

Pensez-vous qu'il est utile pour un cavalier de Haute École, de toucher à toutes les disciplines équestres?
Utile et nécessaire, la Haute École étant à mon avis le summum de l'art équestre.

Faites-vous actuellement des compétitions de Haute École?
Il n'y a pas de compétitions de Haute École. Ce qu'il y a, ce sont des présentations de Haute École, et des concours de dressage.

Y-a-t-il une différence réelle?
Les unes sont de l'art, dans le vrai sens du mot.  Les autres sont de la compétition.  Les unes sont l'improvisation précise, la création d'une série de mouvements.  Les autres sont la précision imposée par un programme commun, qui tombe très vite dans la mécanisation.

Préférez-vous assister à une présentation de Haute École ou de dressage de compétition?
En partant du principe que le cavalier et le cheval ont une grande classe, je préfère l'exhibition ou, mieux, la présentation de Haute École, parce que plus artistique, plus créative, plus imprévue.  C'est un peu comme comparer l'épreuve de figures imposées en patinage artistique, avec l'épreuve de figures libres.  Laquelle vous semble belle?

Est-ce à dire que vous dédaignez les concours de dressage?
Pas du tout. Ils sont absolument nécessaires.  Avant de pouvoir improviser dans la précision, il faut pouvoir être précis sans improvisation.  C'est seulement quand on peut être précis, c'est-à-dire quand on a beaucoup travaillé, avec sacrifice, ardeur, passion et discipline, que l'on peut improviser dans la rigueur, que l'on peut créer quelque chose de beau, sans sortir des règles académiques.

Vous préférez donc une reprise libre à une reprise imposée?
Le plaisir de créer, ne peut pas se comparer au plaisir de reproduire une reprise.

On dirait que vos chevaux travaillent dans une concentration joyeuse, et qu'ils le font naturellement?
Vous me comblez! L'idéal en Haute École est d'obtenir que les airs près de terre, les airs relevés, et les airs de fantaisie, paraissent des mouvements naturels, tout en étant stylisés par la subtilité de l'art équestre, qui choisit et développe tout ce que la nature nous donne de plus beau.  Pour cela, il est indispensable de travailler dans la légèreté complète et la décontraction absolue, dans la concentration et la joie.  Mon cheval et moi travaillons en musique, oublions tout ce qui nous entoure, appartenons à un autre monde.  Nous évoluons dans la plus grande douceur, et j'ai l'impression de demander l'appuyé, le passage, les changements de pied au temps, ou la pirouette au pas ou au piaffer, au moment précis où mon cheval a envie de les réaliser', C'est peut-être pour cela qu'il a l'air naturel et joyeux.  Un exercice de haute école devrait toujours être obtenu, non par une attaque de la jambe ou de la main, mais par un état d'esprit que le cavalier a su créer.  Ainsi vous n'aurez pas de mécanisation, mais du naturel.  C'est le Paradis!

Monsieur le Consul, vous faites de l'équitation uniquement pour votre plaisir, mais après des mois de patient dressage, il vous arrive de vendre vos chevaux, n'est-ce pas?
Ce qui m'arrive c'est de ne pas résister à l'envie d'acheter un nouveau cheval!  Or, comme je n'ai pas le temps d'en monter beaucoup, je suis obligé de vendre.  En général je vends celui qui est le plus avancé, et qui a le moins à apprendre, mais j'ai toujours beaucoup de peine.

Préférez-vous une race plutôt qu'une autre?
Comme vous l'avez vu, dans mon écurie il y a actuellement du pur-sang anglais, de l'anglo-arabe et du lusitanien, Le premier exige une grande finesse, l' anglo une immense patience et beaucoup d'autorité, le Lusitanien de la douceur et une profonde connaissance de ses possibilités.  Je pense que dans toutes les races classiques il y a de bons sujets.  J'aime la diversité des caractères et des formes, mais j'exige toujours des chevaux jeunes, absolument sains, et de très bonnes origines.

J'ai été surpris de vous voir faire sauter vos chevaux de Haute École?
Un cheval de Haute École doit être un athlète complet.  En tant que tel, il doit être « gymnastiqué » sur des barres, en extérieur, et même sur la piste. A mon avis ceci est essentiel pour arriver à un certain stade. Mais ne confondons pas, être entraîné sur des barres, ne veut pas dire faire des parcours sur 1,60 m! A chacun sa spécialité!

J'ai été également surpris de voir que vous travaillez tous vos chevaux soit aux longues rênes, soit à pied à côté du cheval. Pourquoi?
Ce serait trop long à vous expliquer! Disons qu'il y a d'une part le plaisir intense que cette forme de travail me procure, et d'autre part son utilité. Par exemple au piaffer, je travaille mieux les postérieurs aux longues rênes; de même j'obtiens plus facilement une levade correcte, avec temps de suspension, étant à pied à côté du cheval. Ce sont des méthodes de perfectionnement, à mon avis valables à condition d'avoir un peu de doigté.

Un conseil à donner?
Les conseils ce sont les maîtres qui nous les donnent! Je ne suis qu'un amateur qui aime avoir en permanence un cheval droit et cadencé dans l'impulsion et calme, léger et soumis.

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